La discipline dans la classe

Auteur :Ph. Dessus, IUFM Grenoble (et surtout Archambault & Chouinard, 1996 !)
Mise à jour : Octobre 2002, doc. créé en octobre 2000.
Objectif : Prendre connaissance de quelques principes permettant de gérer la discipline dans la classe et quelques types de comportements d'élèves. Dans ce chapitre sont évoqués quelques aspects de la gestion de la discipline en classe. Sont d'abord listés quelques principes favorisant le respect de la discipline, puis une manière de recourir le moins possible à la punition. Ensuite, sont détaillés les types de problèmes de comportement des élèves, leurs raisons possibles ainsi que les possibilités d'intervention de l'enseignant.


Ce que l'on sait

Il ne fait aucun doute que l'enseignant, dans sa classe, a un certain pouvoir (peut-être beaucoup plus qu'il ne le croît ?), dont il peut user pour faire respecter une ambiance de travail adéquate. Legault (1993, p. 40, citant French & Raven, 1968) distinguent les types de pouvoir suivants. Il peut être utile, dans des situations de gestion de discipline, de déterminer quel type de pouvoir est en jeu.
- le pouvoir de référence, est lié au type de relation et de communication que l'enseignant arrive à mettre en place avec ses élèves.
- le pouvoir d'expert, est lié à la compétence de l'enseignant dans la matière enseignée et à ses compétences pour faire apprendre ce contenu.
- le pouvoir légitime, est lié à l'autorité légale de l'enseignant, qui est responsable de ses élèves et exerce des pouvoirs qui lui sont délégués de par son statut.
- le pouvoir de récompenser ou de punir, lié au pouvoir précédent, doit être utilisé à bon escient, car les effets de récompenses ou punitions peuvent être de courte durée.

Quelques principes favorisent le respect de la discipline par les élèves : être sensible à ce qui se passe dans la classe, gérer un rythme de travail adéquat, intervenir discrètement, utiliser l'humour, faire preuve de tolérance, respecter les élèves et intervenir en fonction des causes du comportement perturbateur . Détaillons-les (Ce qui suit est tiré d'Archambault & Chouinard, 1996).

-- Être sensible à ce qui se passe dans la classe. L'enseignant doit essayer d'être conscient de tout ce qui se passe dans sa classe et de le montrer aux élèves. Il supervise constamment le fonctionnement de sa classe, " il a des yeux tout autour de la tête ", il peut faire face à des événements inattendus. Trois caractéristiques de la classe sont à superviser : -- le groupe des élèves dans son ensemble, bien qu'il doive porter une attention particulière sur certains élèves ; -- les comportements des élèves, notamment des comportements hors des limites accordées ; -- le rythme de l'activité (voir plus bas). Même si, réellement, on ne peut jamais être capable de tout superviser, l'enseignant doit montrer aux élèves que le moins possible de choses lui échappe, cela incitera les élèves à respecter les règles de discipline. Voici quelques comportements-types qui favoriseront ce comportement (encadré ci-dessous).
 
Encadré 1 -- Quelques comportements d'enseignant favorisant la supervision d'une classe (Archambault & Chouinard, 1996, p. 36)
Balayer fréquemment et régulièrement la classe du regard. 
Éviter de tourner le dos aux autres élèves lorsqu'on aide un élève. 
Éviter de se concentrer sur une activité en particulier lorsque plusieurs activités sont en cours (ne pas donner de l'aide à un seul élève pendant trop de temps, ne pas s'attarder dans une équipe ou dans un atelier au détriment des autres, etc.). 
Utiliser divers modes d'organisation du travail (collectif, individuel, coopératif). 
Repérer les signes d'ennui de la part des élèves (niveau de bruit, mouvements qui augmentent, expressions du visage, etc.) 
Réagir promptement pour faire cesser un comportement perturbateur. 

-- Gérer un rythme de travail adéquat. L'enseignant doit faire en sorte que les différents événements de sa classe se succèdent " en douceur ", de façon continue et selon une logique claire. Il doit éviter les hésitations et les délais entre les différentes activités. Une des caractéristiques les plus difficiles à appréhender, notamment pour les enseignants débutants, est le fait que différents événements se produisent en même temps (chevauchement) : par exemple, aider un élève qui tente de résoudre un problème, jeter un coup d'oeil sur un groupe, intervenir pour qu'un élève cesse de déranger les autres, vérifier la durée d'une activité, etc. La seule manière de gérer efficacement ces chevauchements est de bien préparer ces différentes activités.

-- Intervenir discrètement. Les événements qui se produisent dans une classe ont un caractère public. Toutefois, les interventions d'un enseignants pour faire respecter les règles de discipline sont d'autant plus efficaces qu'elles se passent en privé : une remarque publique risque d'interrompre l'activité des autres élèves, de plus, un élève réprimandé devant ses pairs, comme il focalise leur attention, se sentira valorisé et son comportement inapproprié sera de fait renforcé. Enfin, une réprimande publique peut dévaloriser l'élève devant ses pairs, surtout si l'enseignant emploie le sarcasme afin de rappeler l'élève à l'ordre. Pour toutes ces raisons, il est préférable, dans la mesure du possible, de n'intervenir qu'auprès de l'élève qui pose un problème.

-- Utiliser l'humour. Les enseignants qui utilisent l'humour sont appréciés de leurs élèves. Il crée une atmosphère détendue, propice à l'apprentissage, et ne prendra pas au tragique les éventuels problèmes qui se poseront. Toutefois, il faut distinguer l'humour du sarcasme ou de la moquerie dirigée vers des élèves en particulier.

-- Faire preuve de tolérance. Dans une classe, la plupart des problèmes qui se posent quotidiennement sont en général mineurs et ne portent pas à conséquence (faire du bruit, chuchoter, se déplacer, bouger, rire, etc.). Il est difficile pour un élève de rester attentif une journée entière, sans bouger. Ces petits écarts ne sont des inconvénients que dans les classes où le moindre écart est sanctionné par une punition ou une réprimande. Cette attitude de l'enseignant incite les élèves à le défier, à le pousser vers ses limites. L'enseignant a avantage à faire preuve de tolérance, sans bien sûr laisser tout passer.

-- Respecter les élèves. Le rôle de l'enseignant, outre de favoriser l'apprentissage des élèves, est de leur manifester son soutien, et ce avec respect. Respecter l'élève, c'est lui montrer qu'on l'accepte, quoi qu'il fasse. C'est lui faire sentir qu'on lui accorde de la valeur, comme personne, même si on lui demande de changer de comportement. C'est lui faire comprendre que l'on a confiance en lui et en son aptitude à apprendre.

-- Intervenir en fonction des causes du comportement perturbateur. Comme l'enseignant doit réagir rapidement aux perturbations dans sa classe, il lui est souvent difficile d'en découvrir les causes véritables. C'est pourtant ce qu'il essaiera de faire, car une perturbation ne sont pas toujours intentionnelles, mais découlent parfois d'une mécompréhension de la situation d'apprentissage. Ainsi, l'enseignant devra tenter de détecter la cause du comportement, plutôt que de le faire cesser directement.

Tableau I -- Guide d'intervention face à un comportement perturbateur (d'après Archambault & Chouinard, 1996, p. 41)

       Questions à se poser                        Intervention                
1. L'élève est-il informé de mes     Préciser ou préciser de nouveau ses       
attentes à son endroit ?             attentes en faisant référence à la        
                                     règle ou à la procédure en cause          
2. L'élève comprend-il bien ce que   Donner des exemples et des                
signifient mes attentes ?            contre-exemples reliés à la règle ou à    
                                     la procédure en cause. Présenter à        
                                     l'élève un modèle de comportement         
                                     adapté à la régle ou à la procédure en    
                                     cause.                                    
3. L'élève possède-t-il les          Montrer à l'élève des stratégies          
stratégies nécessaires pour se       pertinentes quant à la règle ou à la      
conformer à mes attentes ?           procédure en cause.                       
4. L'élève perçoit-il la             Expliquer à l'élève l'utilité pour lui    
pertinence des activités             de s'engager dans les activités           
d'apprentissage et le défi           d'apprentissage ou le rassurer quant à    
réaliste qu'elles représentent ?     sa capacité à les réaliser.               
5. L'élève fait-il preuve de         Imposer à l'élève les comportements       
mauvaise volonté ?                   adaptés à la règle ou à la procédure en   
                                     cause.

Des moyens d'intervention de base

Nous présentons ici quelques moyens permettant à l'enseignant de faire respecter les règles de fonctionnement de la classe. Ils sont classés du plus simple au plus complexe et repris dans le tableau ci-dessous.

Tableau II -- Moyen d'intervention visant le respect des règles (Archambault & Chouinard, 1996, p. 43)

    Moyens d'intervention                        Description                   
Les indices non verbaux         L'enseignant communique sa désaprobation non   
                                verbalement.                                   
Le rappel verbal                En privé, si possible, l'enseignant précise    
                                ses attentes à l'élève                         
La répétition du rappel         L'enseignant précise ses attentes de manière   
                                répétée jusqu'à ce que l'élève s'y conforme.   
                                Il évite de discuter avec l'élève.             
L'intérêt pour les              L'enseignant accorde de l'attention aux        
comportements adaptés et la     comportements adaptés et ignore les            
distribution sélective de       comportements inadaptés.                       
l'attention                                                                    
Le façonnement                  L'enseignant augmente graduellement ses        
                                attentes envers l'élève au fur et à mesure     
                                que celui-ci assimile les comportements        
                                qu'il attend de lui.                           
Le retrait de la situation      L'enseignant retire l'élève fautif de          
                                l'activité en cours et limite temporairement   
                                ses interactions sociales en classe.           
-- Les indices non verbaux. Un signe de la tête, du doigt ou de la main, une expression du visage, un contact visuel, permettent généralement de faire comprendre à l'élève que l'enseignant l'a vu et qu'il lui demande de mettre fin à son comportement perturbateur. L'avantage de ces signes est qu'ils permettent de ne pas briser le rythme de l'activité dans laquelle les autres élèves sont engagés.

-- Le rappel verbal. Lorsque les indices non verbaux ne fonctionnent pas, l'enseignant peut rappeler verbalement à l'élève le comportement à adopter. Il le fait, dans la mesure du possible, discrètement, à l'élève fautif seul. L'enseignant devra également vérifier les causes du comportement perturbateur, en s'assurant que l'élève a compris ce qu'il a à faire, comment et pourquoi il doit le faire. Il doit aussi vérifier que l'élève accorde une valeur à l'activité demandée (voir partie sur la motivation). La remarque de l'enseignant doit être faite non pas à propos de la personne de l'élève, mais à propos de son comportement (dire : " Cesse de parler à ton voisin et continue à écrire. Si tu as besoin d'aide, fais-moi signe. " plutôt que " C'est bien toi ça, jamais capable de te mettre au travail quand je te le demande. "

-- La répétition du rappel (ou la technique du disque brisé). Il peut arriver que l'élève mette à l'épreuve la détermination de l'enseignant à faire cesser un comportement dérangeant. L'élève peut avoir compris la consigne, être capable de réaliser l'activité demandée, mais refuser de l'exécuter pour défier l'enseignant. Ce dernier peut simplement répéter sa demande plusieurs fois. Cela montre à l'élève que l'enseignant insiste pour qu'il se conforme à la demande. L'élève peut se mettre à discuter avec l'enseignant, mais ce dernier devra refuser de s'engager dans la discussion et répéter la demande. L'élève comprend dans ce cas que l'enseignant est sérieur et qu'il entend rétablir l'ordre. Voici un exemple d'une telle interaction :

" Ens. Cesse de parler avec ton voisin et continue à écrire ton texte
El. Je ne parlais pas.
Ens. Remets-toi au travail, s'il te plaît.
El. Ce ne sera pas long, j'ai juste une petite chose à lui dire.
Ens. Stéphane, remet-toi au travail tout de suite.
El. C'est ça, c'est toujours après moi que tu chiales.
Ens. Stéphane, je veux que tu continues à écrire ton texte.
El. Ce n'est pas si grave que ça de parler un peu.
Ens. Stéphane, remets-toi immédiatement au travail. Je viens te voir dans deux minutes pour t'aider. " (Archambault & Chouinard, 1996, p. 45)
-- L'intérêt pour les comportements adaptés et la distribution sélective de l'attention. Un comportement d'élève a tendance a devenir d'autant plus fréquent qu'on lui accorde de l'attention. Ainsi, porter une attention excessive aux comportements inadaptés peut avoir pour effet de les renforcer. À l'inverse, il est faut accorder de l'importance aux comportements adaptés. Mais cet intérêt doit être authentique : il ne s'agit pas de manipuler les élèves en les louangeant excessivement, car ils se rendent compte que le compliment est faux. L'enseignant peut donc complimenter les élèves pour leurs comportements adéquats si le compliment est -- précis et non pas un vague commentaire, -- informatif, l'élève doit en tirer des renseignements pour apprécier eux-mêmes leur comportement. Cela correspond à décrire objectivement le comportement de l'élève, sans évaluer la personne (par exemple " Tu es bon ") ni faire de comparaisons entre élèves (" Tu es la meilleure de la classe ").

-- Le renforcement des comportements incompatibles. Deux comportements sont incompatibles s'ils ne peuvent être produits en même temps par la même personne (par exemple, être assis et marcher). Il s'agit pour l'enseignant de choisir un comportement incompatible à un comportement perturbateur, et de lui accorder systématiquement de l'attention. Si l'enseignant veut que les élèves cessent de courir dans la classe, il accordera de l'attention au fait qu'ils sont assis à leur place, ou bien qu'ils marchent lorsqu'ils ont à se déplacer. Un élève qui fait du chahut lors d'une transition sera responsable d'une distribution de cahiers. Ainsi, plutôt que de sanctionner des comportements négatifs, on encourage la production de comportements positifs.

-- Le façonnement. Comme il est improbable que les élèves réussissent à apprendre d'un seul coup tous les comportements positifs reliés au fonctionnement de la classe, car certains sont assez complexe, le travail de l'enseignant sera de réduire temporairement certaines de ses attentes, et de les augmenter graduellement par la suite. Cela " façonne " un comportement final en s'en approchant petit à petit. En d'autres termes, on segmentera un comportement complexe en plusieurs petites étapes. Toutefois, il faudra que l'élève garde à l'esprit la tâche dans sa globalité, car l'élève peut perdre de vue le comportement final à exécuter de nombreuses tâches simples.

-- Le retrait de la situation. Si un comportement mineur persiste malgré les interventions répétées de l'enseignant, c'est vraisemblablement parce que l'élève cherche à garder l'attention de l'enseignant ou de ses pairs. Il peut être donc nécessaire de retirer à l'élève cette attention, en le retirant de la situation, si ce retrait est de courte durée (trois minutes environ).


Ce que l'on peut faire

Il est ici question de préciser et d'analyser les problèmes de comportement des élèves (voir document sur ce sujet). On va recenser les types de problèmes de comportement puis les catégoriser selon leur gravité, enfin, nous essaierons d'en déterminer les raisons. Nous ne développons pas non plus ici le problème de l'application de sanctions, qui fera l'objet d'un document particulier (voir document sur la sanction).

Même s'il est fastidieux, et très difficile, de décrire tous les types de problèmes qui peuvent survenir en classe, en voici quatre catégories, par gravité croissante, avec des exemples (encadré ci-dessous). Il importe toutefois de comprendre que ces catégories sont en partie dépendantes du milieu scolaire et social dans lequel évoluent les élèves : ainsi, dans certains milieux ou écoles, des comportements seront jugés gênants et non dans d'autres (par exemple, se lever quand on le désire, parler sans lever la main, etc.).

Tableau III -- Catégories de problèmes de comportement (Archanmbault & Chouinard, 1996, p. 154)

Catégorie de problèmes  Exemples                                               
1. Comportement         Problème de courte durée qui ne dérange pas            
fautif qui ne pose      l'enseignement, comme : Chuchoter pendant une          
pas de problème         transition, Cesser de prêter attention durant          
                        quelques secondes, Faire une courte pause durant une   
                        activité, Rêvasser durant une courte période           
2. Problème mineur      Des manquements à des règles de la classe ou de        
                        l'école, peu fréquents, qui ne dérangent pas la        
                        classe et ne nuisent pas à l'apprentissage de          
                        l'élève : Quitter sa place quand ce n'est pas          
                        permis, Interpeller quelqu'un, Manger des friandises   
                        ou mâcher un chewing-gum, Lancer des objets            
                        (boulettes, gommes), Parler durant un travail          
                        individuel, Lire lorsque l'enseignant explique une     
                        activité ou faire autre chose que ce qui est demandé   
3. Problème majeur      Des comportements qui dérangent la classe et           
dont l'effet et         interfèrent avec l'apprentissage, limités à un ou      
l'étendue sont limités  quelques élèves : Ne pas terminer un travail, Faire    
                        autre chose que ce qui est demandé, Ne pas suivre      
                        les règles à propos du silence ou des déplacements     
                        dans la classe, Refuser de faire un travail, Briser    
                        des objets, Frapper un autre élève.                    
4. Escalade ou          Tout problème mineur qui devient régulier et qui       
problème très étendu    menace l'ordre de la classe et le climat               
                        d'apprentissage, tout comportement qui constitue un    
                        danger pour l'élève ou pour les autres. Se déplacer    
                        à volonté dans la classe, Emettre continuellement      
                        des commentaires inadéquats ou désobligeants,          
                        Continuer à parler lorsque l'enseignant demande de     
                        se calmer ou de baisser le ton, Répondre constamment   
                        à l'enseignant ou le défier Refuser souvent de         
                        coopérer.
Demandons-nous maintenant pourquoi certains comportements apparaissent en classe (Archambault & Chouinard, 1996). Voici cinq principes généraux d'intervention de l'enseignant lors de problèmes de comportement (Archambault & Chouinard, 1996, p. 160 et sq.).

Références bibliographiques

Archambault, J., Chouinard, R. (1996). Vers une gestion éducative de la classe. Montréal : Morin. [Un des meilleurs ouvrages pratiques sur le sujet]
Charles, C. M. (1997). La discipline en classe, modèles, doctrines et conduites. Bruxelles : De Boeck. [Ouvrage théorique et très complet]
Davisse, A., J.-Y. Rochex (1995)(Eds). " Pourvu qu'ils m'écoutent...", discipline et autorité dans la classe. Créteil : CRDP de Créteil. [Analyse de mémoires professionnels de professeurs-stagiaires PLC]
Douet, B. (1987). Discipline et punitions à l'école. Paris : PUF. [Étude réalisée en école primaire]
Legault, J.-P. (1993). La gestion disciplinaire de la classe. Montréal : Logiques.


Document SAPEA, Séminaire d'analyse des pratiques d'enseignement/apprentissage, IUFM de Grenoble
http://www.upmf-grenoble.fr/sciedu/pdessus/sapea/discipline.htm